Créer sa filiale en Allemagne : les étapes, les particularités allemandes et les bons réflexes
GmbH ou succursale, notaire, registres, inscription fiscale et paie : comment une entreprise française s’implante en Allemagne, ce qui l’étonne le plus souvent et les réflexes qui évitent les mauvaises surprises.
- La GmbH, société de capitaux à responsabilité limitée de droit allemand, donne à la filiale sa propre personnalité juridique ; la succursale reste une partie de la société française, qui répond de ses dettes sur l’ensemble de son patrimoine.
- La GmbH se constitue devant notaire, aussi par visioconférence, avec un capital d’au moins 25 000 euros, dont 12 500 euros au moins versés avant la demande d’inscription. Elle n’existe en tant que telle qu’à son inscription au registre du commerce (Handelsregister).
- Suivent la déclaration des bénéficiaires effectifs, la déclaration d’activité, l’inscription fiscale électronique dans le mois et, avant la première embauche, l’obtention du numéro d’établissement pour la paie.
- Les documents publics français, comme l’extrait Kbis, sont dispensés d’apostille en Allemagne ; une traduction certifiée est souvent demandée.
GmbH ou succursale : la décision de départ
Les étapes de la création d’une GmbH
Les particularités qui surprennent le plus souvent
- Le rôle du notaire : la constitution d’une GmbH passe obligatoirement par un notaire, qui transmet aussi la demande d’inscription au registre.
- La Gewerbesteuer : à l’impôt sur les sociétés s’ajoute un impôt communal sur le bénéfice, dont le taux dépend de la commune. À Francfort, le bénéfice d’une GmbH supporte au total environ 31,9 % d’impôts.
- La chambre de commerce : l’adhésion à l’IHK est automatique et donne lieu à une cotisation propre, due que l’entreprise utilise ou non ses services (§§ 2 et 3 IHKG).
- Pas d’apostille pour les documents français : en vertu d’une convention franco-allemande de 1971, les documents publics français, comme l’extrait Kbis, sont dispensés de légalisation et d’apostille. Le notaire ou le registre demande en revanche souvent une traduction certifiée.
- La publication des comptes : en principe, les comptes annuels de la GmbH sont transmis au registre des entreprises (Unternehmensregister) au plus tard douze mois après la clôture, sous peine d’amende (§§ 325 et 335 HGB).
- La facture électronique : toute entreprise établie en Allemagne doit pouvoir recevoir des factures électroniques structurées depuis le 1er janvier 2025 ; l’obligation d’en émettre suit en 2027 ou en 2028 selon le chiffre d’affaires (§§ 14 et 27 al. 38 UStG).
- Le statut du gérant : un gérant non associé est en principe salarié au sens de la sécurité sociale allemande ; pour un associé-gérant, tout dépend de sa participation et des statuts. Un salarié détaché par la société française peut, pour une durée limitée, rester affilié à la sécurité sociale française ; le formulaire A1 l’atteste. Pour un gérant qui exerce dans les deux pays, d’autres règles s’appliquent.
Les bons réflexes
- Choisir la forme juridique après avoir comparé les conséquences en Allemagne et en France, avec les conseils des deux pays.
- Réunir tôt les documents français : extrait Kbis récent, statuts de la société mère, pouvoirs, et leurs traductions certifiées.
- Conclure dès le départ les contrats entre la filiale et la société mère, pour les prestations, les refacturations et le financement : ils fondent les prix de transfert et les déductions en Allemagne.
- Organiser l’inscription fiscale, la paie et la réception des factures électroniques avant le premier client et la première embauche.
- Désigner un interlocuteur en Allemagne pour les échéances fiscales et la publication des comptes.
Ce qu’il vaut mieux éviter
- Agir au nom de la GmbH avant son inscription au registre : celui qui agit en répond personnellement.
- Oublier le registre de transparence : l’inscription française ne couvre pas la filiale allemande.
- Tenir la politique de prix de transfert du groupe pour une documentation allemande : l’administration attend des documents établis du point de vue de la filiale.
- Piloter les échéances allemandes depuis le calendrier du groupe : déclarations, comptes et publication suivent leurs propres délais.
Qui fait quoi
Bases légales : §§ 2, 5, 6, 7, 8, 11, 13 GmbHG ; §§ 13d à 13g, 325, 325a, 335 HGB ; § 16 BeurkG ; §§ 3, 20 GwG ; § 14 GewO ; §§ 2, 3 IHKG ; §§ 12, 137, 138 AO ; § 2 KStG ; § 2 GewStG ; §§ 41a, 49 EStG ; § 1 al. 5 AStG ; §§ 14, 18, 27 al. 38, 27a UStG ; § 18i SGB IV ; BSG, arrêt du 14 mars 2018, B 12 KR 13/17 R ; convention franco-allemande du 13 septembre 1971 sur la dispense de légalisation des actes publics ; règlement (CE) n° 883/2004, art. 12 ; règlement (CE) n° 987/2009, art. 19. Cet article fournit une information générale et ne remplace pas un conseil adapté à votre situation. Informations à jour en novembre 2026.